Strange

rf

Un jour, quand je serai (très) vieille et (presque) sourde, peut-être que les murmures de la voix ressembleront au bruit apaisant de l’Océan. Un jour. Peut-être. D’ici là, je continuerai. A l’entendre. A l’affronter. A la dompter. Cette voix qui sème des peurs en MA.

J’ai 42 ans et j’ai (encore parfois) peur de ne pas trouver ma place. Qu’on arrive à faire sans MA. Sans même y penser. A cause de la voix. La raison vous parlerait d’émotivité excessive. Elle vous lèverait les yeux au ciel. Elle vous dirait de repenser à Sandra Kim. La voix est plus mesquine. Elle ricane. Elle pique là ou ça fait mal. Une vraie langue de vipère.

Un jour, quand je serai (très) vieille et (presque) sourde, peut-être que les murmures de la voix ressembleront au bruit apaisant de l’Océan. Un jour. Peut-être. D’ici là, sourire insolent et doigt d’honneur. La voix est assommée. K.O. Pour un (très long) moment. Par le Ronquières Festival. Le pouvoir des tribus.

L’an dernier, pour de tristes raisons d’agenda, j’ai dû choisir. Un déchirement pour quelqu’un comme MA. Choisir entre deux tribus … L’Océan l’a emporté de peu. La tribu vendéenne a pris soin de MA. Besoin de me requinquer. Besoin de moments doux avec les MonStrésors. Je ne regrette rien. Bonheur.

Mais mais mais … La voix m’a chuchoté que … cette année, à Ronquières, ce serait différent. Murmures de vipère. Je suis une fille de rituels et de traditions. La voix le sait. Emotivité excessive. Elle me dit que rien ne sera plus pareil. Que le charme n’opérera plus. Qu’on a pu faire sans moi. Que ce sera l’année de trop. Pourquoi revenir ?

Sourire insolent et doigt d’honneur. J’ai rempilé pour le Festival. La tribu Ronquières ? Saisonnière dans les retrouvailles. Continue dans les sentiments. Source de belles rencontres. La peur s’est évaporée. Fuck la voix. J’ai piétiné ton murmure. Le charme a opéré. On a joliment fait sans moi. Mais pas sans penser à moi. Ca, je l’ai (enfin) compris. Et j’ai bien fait de revenir. Je me suis sentie accueillie. J’ai fait le plein de rires, de regards, de moments précieux. Le changement a du bon. Il ne gâche ni les rituels, ni les traditions. Il les pérennise. Comme les liens que l’on tisse tout au long de notre vie.

MA jolie découverte musicale du RF2017 : LP – Strange. A écouter en live et à plein tube. Sautillement à pieds nus sur la terrasse. Vous le voyez mes yeux qui pétillent ? Un bon Plan, ce Festival. Je m’incline. Définitivement. Encore un tout grand bravo aux potes (complètement barges) qui, depuis six éditions, réunissent (ce que j’appelle) leurs tribus pour bosser sérieusement sans se prendre au sérieux.  C’est ce qu’on a fait. Cette année, encore. Et le bruit de l’Océan ? Sourire insolent et tête dans les bagages. La Vendée … J-3 #coeur

Le Ronquières Festival en billet(s) : #2012  Festival de rêves et Un filet. Un harnais. Une cordée. #2013 : Voilà. C’est fini. #2014 : 2014 ou l’année #woodkid.

 

#sandrakimstaïle

J’aime, j’aime la vie. Même si c’est une folie. J’aime, j’aime la vie. Bravo pour le défi. J’aime, j’aime la vie. Ne m’en veuillez pas. Je suis née comme çaaaaaaaaaaa.

Cet air est celui de la Victoire. De l’Eurovision 1986, c’est vrai. Mais pas que. Ce morceau est à la mort ce que l’ail est au vampire. Un repoussoir.

Je ne dois pas l’avoir assez fredonné en 2016. Puisqu’en 2016, j’ai presque mouru. Presque. J’aime la nuance qu’apporte le presque.

Si vous me lisez un peu, vous imaginez mon sourire insolent. Si vous me connaissez mieux, vous captez mon regard de warrior. Si vous me pratiquez régulièrement,  vous savez mon doigt d’honneur scandant un « fuck la mort ».

Fuck la mort, fuck la mort. Oué. Mais quelle claque de vie quand même.

Si vous me lisez un peu, vous m’imaginez un peu bisounours. Si vous me connaissez mieux, vous captez mes ondes positives. Si vous me pratiquez régulièrement, vous savez mon excès d’optimisme. Et vous faites bien. En toute bonne « vivante », j’ai savouré la Victoire.

Mais pas que.

Fuck la mort, fuck la mort. Oué. Mais quelle claque de vie quand même. Vous vous sentez diminuée. Terriblement. Tout fatigue. Et pourtant, on vous facilite le quotidien. On fait pour vous et sans vous. Vous qui aimez tant vous sentir indispensable. Vos nerfs sont à fleur de peau. Vous vous sentez inutile. Un peu. Vous en voulez presque à celles et ceux qui vous veulent du bien. Presque. J’aime la nuance qu’apporte le presque.

Et puis, et puis, vous reprenez peu à peu des forces. Vous remettez un pied dans la vraie vie. Puis les deux. Vous vous voyez re(de)venir. Comme avant. Comme avant ? Non. Vous n’êtes plus la même. En fait, bizarrement, vous ne trouvez plus votre place. Vous en voulez presque à celles et ceux qui vous ont voulu du bien. Presque. J’aime la nuance qu’apporte le presque.

Fuck la mort, fuck la mort. Oué. Mais quelle claque de vie quand même.

Et puis, et puis, insidieusement, Sandra Kim se remet à MA fredonner. Que j’aime la vie. Même si c’est une folie. Ne m’en veuillez pas. De m’être sentie inutile. De vouloir compter. Pour vous. Mais pas que. Pour moi aussi. Je suis née comme ça. Je dois me (re) trouver des défis. Je dois me dépasser.

Merci à celles et ceux qui relevé le défi. De faire sans mais surtout POUR moi. Pour faciliter mon quotidien de convalescente. Merci à celles et ceux qui m’ont murmuré à l’oreille. Que faire sans moi veut aussi dire que j’ai transmis. De la confiance. Des enseignements. De l’autonomie. Et l’envie de faire plaisir.

Et donc pour 2017, voilà ce que je v(o)eux pour nous. Et le nous, c’est vous, c’est MA.

Je nous souhaite de croire en nous, de trouver notre place ou de la (re)créer, d’être entouré.e. de gens qui nous veulent du bien, de transmettre confiance et autonomie, d’apprendre et d’enseigner. Je nous souhaite des défis et l’envie furieuse de les relever. Je nous souhaite la santé. Ou à défaut je nous souhaite de jolis ambulanciers et/ou pompiers

Bref, je nous souhaite d’aimer la vie, même si c’est une folie*

Belle année 2017 à vous toutes et toutes. Prenez soin de vous.

*si la chanson vous lasse, il vous reste à fredonner « libéréeeeee, délivréééééééé » #pardon #cestplusfortqueMA

 

 

 

 

 

 

D2 – D3 : touché – bloquée

Ce matin, en réajustant mes bas, j’ai cru à un malaise cardiaque. Le mien. Une douleur fulgurante de l’omoplate à la poitrine. Comme un coup de poignard dans le dos. Comme ce que j’imagine être un coup de poignard dans le dos.

J’ai hurlé. Je me suis accrochée au mur. J’ai fermé les yeux. J’ai attendu. Rien n’est venu. Ni l’apaisement, ni le chaos. Pas de malaise cardiaque.

Grande sotte. Un malaise cardiaque. Tragédienne, va !

Juste un souci de vertèbres. Très douloureux, certes. Handicapant, assurément. Prévisible, aussi.  Il n’y avait pas meilleur jour pour se coincer deux vertèbres. Mon ostéo me recevait ce soir.

« Voilà. Votre corps commence à comprendre qu’il ne doit plus avoir peur ».

Ricanement intérieur. Pirouette. Sourire poli. Sol qui s’ouvre sous mes pieds.

Trois granules d’arnica (Mamy, arrête de danser le gigue dans ton urne) et une papote plus tard, je suis dans ma voiture. Accrochée au volant. A l’arrêt. Dans le cake. Hum … c’est fort l’arnica.

Vraiment ? Mon corps commence à comprendre ? A comprendre quoi ? Ne plus avoir peur ? Peur de quoi ? Ah ? De la mort ?

Ah. De la mort.

Mmmmm. Mon corps commence à comprendre ? Mon coeur et mon esprit aussi alors ? Pour dénouer mes émotions ? Pour creuser autre chose que MA tombe d’angoisses insidieuses ?

En mars dernier, j’ai presque mouru. Presque. Une hémorragie post-op. Un geyser par le nombril. Une nuit de folie. Deux opérations en moins de 24h. Un corps faible et meurtri.

Et puis il y a eu les attentats de Bruxelles. Et j’ai oublié. Parce que j’étais en vie. Moi, j’étais en vie. J’avais juste eu un petit bobo. Rien de comparable.

Mais mon corps n’a pas compris. Mon Moi rationnel sait. Tout est sous contrôle. La maladie est identifiée. Elle est domptable et domptée. Je suis suivie. Même plus peur d’une potentielle opération. Même plus. Ou peut-être que si. Parce que mon corps, apparemment, il n’a pas reçu le message. Courrier égaré. Et si mon Moi rationnel est inconscient, hein ? S’il flanche avec le choc ? Qui va passer le putain de message ?

Ah, oui. C’est vrai. Mon corps commence à comprendre. C’est pas moi qui le dis. Je le crois, pourtant. Je l’ai lu dans les granules d’arnica. Warf (Mamy, il suffit ! ). Et puis mes doigts se délient. Pas encore ma D2 et ma D3. Pas complètement. Qu’importe. C’est un signe.

Mes doigts se délient. Ils ont trouvé, en urgence, le chemin du blog. MApapote entame le processus. Poser les mots pour les sortir de MA. C’est ce qui MA va le mieux. Je crois que quelques billets s’annoncent. Juste avant 2017. Pour refermer cette drôle d’année 2016.

A bientôt ?

Mes voeux, en veux-tu ?

2016-new-year-ss-1920

Si je pouvais changer quelque chose pour que l’année à venir soit plus belle (encore) que l’année qui se termine, je demanderais quoi ?

A vrai dire ? Rien grand chose.

Vous le voyez mon sourire ? Vous le voyez mon pied de nez à d’autres bilans de fin d’année ?

Je suis dans une phase de vie apaisante. Et j’en profite. J’ai enterré (pas mal de) haches de guerre et (une série de) pieds de biche. J’avance. A mon rythme. Avec mes essentiels. MonStrésors. Amoureux. Tribus. Je savoure. Pleinement. Et si le rythme s’emballe … hop, mes baskets et quelques foulées. Pour dépasser mes peurs. Pour larguer le stress.

2015 n’a pas été sans heurt(s) assurément mais 2015 a été libération(s), résilience et apaisement.

Et donc pour 2016 ? Que (MA) souhaiter ? Que nous souhaiter ? D’oser ? De rebondir ? Formulé, déjà. A approfondir. Encore et toujours.

En 2016, je nous souhaite de (bien) vivre. Je nous souhaite des sourires et des pieds de nez au(x) sale(s) année(s). Je nous souhaite  de trouver apaisement et bonheur. Je nous souhaite d’avancer. D’oublier ce qui peut l’être. De chérir les jolis souvenirs. D’être gentil avec soi-même, surtout. Je nous souhaite des victoires. Personnelles et professionnelles. Je nous souhaite tolérance et reconnaissance.

Je nous souhaite des tribus. De coeur ou de sang. Je nous souhaite des papotes, des rires et de la tendresse. Je nous souhaite de trinquer (tchin’) sans morfler (bam).

Je nous enjoins à prendre soin de nous, de vous, des autres. A garder un œil sur notre santé. A la préserver. A se battre si nécessaire. Je nous souhaite des foulées défoulantes. Ou toute autre chose qui équilibre corps et coeur.  Je nous souhaite épanouissement et bien-être.

Je nous murmure d’aimer nos proches. De leur dire, aussi. De vrombir de plaisir.  De savourer ce que nous avons. De créer ce qui nous manque. De vivre de belles rencontres. De (se) choisir. De (se) trouver.

Je nous souhaite d’être libre. De nos pensées. De nos plaisirs. De nos envies. Je nous souhaite de vivre, simplement. Simplement bien.

Belle année 2016 à toutes et tous. Happy & Freedom ❤

(Sur)vivre aux fêtes de fin d’année – mode d’emploi

mapapote

Longtemps je n’ai plus aimé les fêtes de fin d’année. D’ailleurs, je ne peux toujours pas affirmer les adorer maintenant. Par contre, j’aime les rituels. Les rituels, ça (MA) permet de (presque tout) vivre en douceur.

Un sapin décoré à trois après la Saint-Nicolas. Jamais avant. JAMAIS. Sinon, tout fout’le camp. La boîte à déco. Neuf années de récolte, de trouvailles et … d’héritage, aussi. Piocher. Se souvenir. Accrocher. Equilibrer. Se réjouir du moment de fête qui s’annonce. Peu importe si Noël tombe le 24 décembre ou aux retrouvailles de mi-vacances. On pense déjà à l’apéro chips.  Au déballages des (petits) cadeaux.

Ce qui était juste une réplique de ce qui se vit ailleurs est devenu un moment à nous.

Un peu comme quand j’étais petiote. Les (beaux) Noëls en famille. Avec la vieille potine des parents. Un (faux) sapin sur une table carrée dans un appartement à la mer. Les pommes de pin au milieu de la table. Les bougies. Le goût du verre de coca, le soir. Les p’tites saucisses. Papa qui les engouffrait à une vitesse folle. Pas de déballage bruyant de paquets. Souvent, juste un petit cadeau symbolique.

La suite est gommée. Se souvenir des belles choses. Simplement.

Scruter les photos prises pendant presque douze mois. Sourire d’avoir dégainé l’appareil à l’envi. Avoir de quoi faire.

Ce qui, pour Noël 2010, devait être juste une réponse à un bonhommet qui se demandait si ses parents (séparés) avaient été amoureux (un jour) est devenu un essentiel.

Se poser. Réfléchir à l’année écoulée. Choisir les (bons) clichés. Les assembler. Les épingler. Les annoter. Chercher LA photo qui fera la couverture. Y passer des soirées entières. Avoir peur de ne pas être dans les temps. Imprimer (enfin) l’album en trois exemplaires. Chacun le sien. Pour maintenant. Pour plus tard. Pour dans longtemps.

Savoir qu’un jour, ils plongeront (aussi) dans les milliers de photos (oubliées) qui hibernent dans des caisses à la cave. Comme j’ai plongé dans les images stockées dans les armoires de Mamy  et qui sommeillent maintenant aussi dans des caisses à la cave. Si un jour ils vous demandent pourquoi j’imprime encore tant de clichés qui valsent rapidement au sous-sol, dites-leur … Dites-leur que je veux qu’ils se souviennent de combien on s’aime. Dites-leur aussi qu’il n’y a rien de pire que la peur d’oublier un visage. De perdre ses racines.

Simultanément, écouter, ré-écouter. Les titres de l’année. Mes titres. Récoltés de mois en mois. Compilés déjà. En quelques disques. Au gré des coups de cœur. Classer cet ensemble inclassable. Ecouter, ré-écouter. Ecouter, ré-écouter. Ecouter, ré-écouter. Ecouter, ré-écouter. Jusqu’à la presque veille de Noël. Isoler quinze à vingt morceaux. Les offrir. Parce qu’ils m’ont plu d’emblée. Parce qu’ils ont mis du temps à me séduire, aussi. Parce qu’ils m’ont filé la pêche. Parcqu’ils m’ont émue.

Ce qui a commencé en 2007 comme un p’tit cadeau pas cher et symbolique est devenu une tradition du 24 décembre. S’échanger nos compils. Chercher les titres communs. S’étonner des choix de l’autre. Découvrir de nouvelles choses.

Nous y sommes. A la veille de Noël. Je dois classer l’inclassable. L’empreinte des MonStrésors apparaît franchement. Il se murmure que je suis moins rock qu’avant. Il s’avère surtout que nous sommes maintenant trois à la programmation musicale de notre Home Sweet Home. Dans la plus grande incohérence. Ce ne sont déjà plus mes titres. Ce sont nos titres. Ceux qui nous ont plu d’emblée. Ceux qui ont mis du temps à nous séduire. Ceux qui nous ont filé la pêche. Ceux qui nous ont émus. Sans que ce soient pour autant les mêmes.

Savoir qu’un jour, en entendant un titre à la radio, ils souriront. Comme emportés. Par le parfum d’une chanson. Comme je le suis souvent. Un coup de clairon. Un « Hey Mister Churchill » … et paf. J’ai 7 ou 8 ans. Mamy danse dans la cuisine sur « Stop The Cavalry » de Jona Lewie. Pas question de rire. Ou si justement. Pensez donc … c’est pour la chorégraphie de la fête de l’école.

Longtemps je n’ai plus aimé les fêtes de fin d’année mais maintenant, je sais. J’aime le rituel du sapin. Celui de l’album photos. Celui de la compil’. Et les rituels, ça (MA) permet de vivre (presque tout) plus sereinement. Même un 24 décembre sans MonStrésors.

Vous dites ? Vous n’en avez pas ? Des MonStrésors, je comprends mais des rituels ? Créez-les, da ! Avec vos proches. De coeur ou de sang. Et pas que pour Noël.

Ce qui commence comme un acte isolé, s’il est reproduit régulièrement, avec soin (amour et tendresse) devient (vite) une jolie tradition. Une bulle de vie. Un moment de respiration. Essayez, vous me direz …

Et surtout, quoique vous fassiez, faites-le bien (ou faites le bien). Joyeux Noël à toutes et tous. #coeur #coeur #coeur

 

Se souvenir des belles choses

Dites …

L’envie de vous confier quelque chose me vient. Comme avant. Dans un sourire ému. Si …

Je me souviens des belles choses. Enfin.

Mmmmm, moi la bisounours, je me réjouis d’enfin me souvenir des belles choses ? Moi qu’on taxe trop souvent d’excès d’optimisme ?

Oui. Enfin. Je me souviens enfin des belles choses. Dans mon lien à Mamy. Dans ce qu’elle m’a légué surtout. J’ai longtemps longtemps longtemps craint d’être comme elle. De son vivant. A sa mort, plus encore. Je n’ai plus peur. Parce que je sais, maintenant. Je sais que je suis juste « un peu » comme elle.

J’ai rangé le pied de biche comme certains enterrent la hache de guerre.

Enfin, je mets de côté la maladie, la leucémie fulgurante, ma colère, mes frustrations de l’avoir vue si vite résignée et vaincue. Enfin, je laisse derrière moi la maison familiale à vider. La maison vide aussi. Enfin, j’ai trié, rangé, classé les griefs de l’adolescence. Enfin, j’ai accepté mes crises de jeune maman vis-à-vis de la Mamy (trop) envahissante. Enfin, je renonce à pointer systématiquement ses erreurs de femme et de mère. Enfin.

Deuil et résilience(s) sans doute. Ce doux moment où l’apaisement vous gagne.

Le comble du comble ? Le savourer  grâce au niveau 4 sur Bruxelles. Le ressentir grâce à sa vieille potine qui vous murmure qu’heureusement que Mamy est déjà morte. Parce qu’elle ne survivrait pas à votre humour noir. Parce qu’elle ne survivrait pas au stress ambiant. Parce qu’elle ne survivrait pas d’imaginer ses petits-enfants dans un tram, un bus ou un métro bruxellois. Comme avant.

Et vous lui donnez raison. Elle n’aurait pas survécu. Parce que vous auriez refusé que son angoisse maladive vous plombe. Parce que vous lui auriez opposé votre optimisme incurable. Parce qu’on empêche pas les autres de vivre parce qu’on a peur de les voir mourir. Parce que vous n’êtes pas comme elle. Sur ce plan-là. Et c’est essentiel. C’est une victoire.

La menace imminente de trop lui ressembler éloignée, on passe en niveau 3. On passe au vraisemblable. Et cela vous fait sourire. Parce que, bon dieu, elle vous a quand même refourgué quelques MAnies que MA ne nie plus. Du drôle, souvent et du légèrement agaçant, parfois.

Le plaisir de la première gorgée bouillante de café. Le Madame Loïk que j’étale sur ma tartine. La lessive que je lance à 8h05 du mat alors que je suis à la bourre.  Les yeux que je lève au ciel quand on me dit que ce n’est peut-être pas le moment pour lancer cette maudite machine. Mes « tu mets ça au sale linge ». Mes « au cas où ». Mes « si tu n’aimes pas, tu peux échanger ». Mes « c’est symbolique ».  Le tube d’arnica dans mon sac. La trousse de pharmacie (énorme et souvent inutile)  en vacances.  Une peau nette de maquillage. Ma fidélité crasse à ma crème hydratante.  Ma préférence pour les parfums « homme ». Ce besoin de planifier. Ce raccourci qui n’en est pas un. Mes rêveries au volant. Le goût des compils. Ma tendance au kitch musical.  M’étaler sur le canapé sans laisser place à personne. Mon « Oui c’est moi ! » au téléphone. La sieste du dimanche. Même le samedi. Et surtout … le plaisir des mots et de l’écriture.

Se souvenir des belles choses

 

 

 

Parcelle(s) de bonheur bis

8

J’ai 40 ans et ce (long) weekend, en sirotant mon kawa en terrasse, j’ai souri. Les Monstrésors dans le jardin. Lui accroupi devant ses plants de tomates. Ils viennent d’être repiqués. D’une petite serre posée devant la fenêtre de sa chambre au bac gris en bordure de terrasse. Il faut les encourager, me dit-il. L’enfant parle aux jeunes pousses. Elle, regard perçant, repère les mauvaises herbes. Ca l’agace. Elle aime que tout soit parfait. Et puis, dans un soupir, elle murmure qu’on a un joli jardin.

J’ai 40 ans et ce (long) weekend, en sirotant mon kawa en terrasse, j’ai souri. On est heureux, ici. Chacun à notre manière. Comme il se doit.

Et paf, je n’ai pas d’âge. Je pense au paternel. Il est dans son jardin. En short en jean’s et en sabots en caoutchouc. Jamais en marcel, par contre. Il est le roi de la patate. Son lien à la tomate est plus tendu. Elles rougissent fort peu. On lui a souvent recommandé de se mettre nu devant elles. En vain. Dans un coin, des blocs délimitent la partie « aromates ». Persil. Ciboulette. Thym. C’est un potager ‘maison’. Je crois qu’il y trouve de la tranquillité. Un coin détente. Des moments pour lui.

Et paf, j’ai 38 ans et j’ai rêvé. Après un voyage au travers de micro-jardins en Allemagne. J’ai rêvé d’un petit lopin de terre. Sans arbre tordu au milieu. Avec une cabane. Des roses trémières. De la fantaisie. Des trucs un peu kitch. Un lieu improbable. Je m’occuperais de la glacière. Ma fille arroserait les fleurs. Avec l’eau du gros bidon. Mon fils s’occuperait des légumes en racontant inlassablement comment il fait rougir les tomates. On sortirait les sièges de camping pour les potes de passage. Avant de rentrer dans notre home sweet home. C’était un joli rêve. Plein de tranquillité.

J’ai 40 ans et ce (long) weekend, en sirotant mon kawa en terrasse, j’ai souri. Il nous est arrivé quelque chose d’improbable. Une Petite Maison. Avec un petit jardin.

Notre petit jardin. Mon fils y porte des sabots en caoutchouc. Moi un short en jean’s bleu. Ma fille nous la jouera marcel dès la belle saison.

Notre petit jardin. Un lopin de terre. Pas de cabane. Une terrasse semi-couverte. A l’abri des mauvais vents et des pluies démoralisantes. Des graines de roses trémières reposent en terre. Le potager a ses limites. Les carottes, le basilic et la ciboulette ont été ruinés par les chats. Il a ses réussites, aussi. Tomates et persil dans des bacs. Du thym dans un parterre. A côté de la lavande. Un coin qui parfume. Une vigne. Des fraisiers. Du muguet. Des petites plantes mauves. . On attend le résultat de nos tentatives fleuries au pied de la grande haie. Pas besoin de tout rentrer dans l’abri, le soir venu. Notre Home Sweet Home est là. Au pied du lopin.

Notre petit jardin. Un coin de fantaisie, aussi. Une pincée de kitsch, un peu. Une lanterne. Des lampions. Un panneau #penséepositive. Le frigo fait office de glacière. On a une table de kermesse à boudin, sa potine, la bistro, un transat rose et un siège assorti.

J’ai 40 ans et ce (long) weekend, en sirotant mon kawa en terrasse, j’ai souri. On est heureux, ici. Chacun à notre manière. Comme il se doit. C’est notre coin détente. Notre bulle de tranquillité. Des moments pour nous.

1

2

3

4

7

0