Fidèle à moi-même !

J’ai (presque) 37 ans depuis quelques jours et  je ne sais toujours pas trop quoi en penser. Ce n’est pas un cap. Ce n’est pas l’âge des bilans.  Ce n’est pas l’année de MA fête organisée ‘tous les cinq ans’. Ce n’est pas un chiffre symbolique. Les grandes rocks stars meurent à 27 ans. Jésus à 33. Par contre, j’ai le souvenir d’avoir offert à mon père un porte-clé sur lequel était écrit :  ‘la vie commence à 40 ans’. Mmmm. Si la vie commence à 40 ans, il est grand temps que j’y pense.

Mardi, mon mur Facebook a été complètement repeint. De jolies choses. De souhaits. De voeux. De douceurs. De pensées. De tendresse. De musique. De photos. De mots drôles aussi … Sans oublier les sms, les mails et les bisous en direk live. Que du plaisir, vraiment. J’adore. J’imagine la taille de la boîte à mots qu’il me faudrait si le virtuel pouvait s’archiver dans une bonne vieille malle à souvenirs et je crains pour mon espace de stockage. 🙂

« MA, la seule fille que je connaisse capable de se faire coller un pv pour excès d’optimisme… « . J’épingle ce commentaire qui m’a fait sourire. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs. Comment ne pas sourire quand on vit l’optimisme à l’extrême.

Si pour préparer cette vie qui commence à 40 ans, je devais remplir un baluchon d’essentiels, j’y mettrais en premier cet optimisme. Parce qu’il est comme ce papier ‘bulles*’ avec lequel on emballe les choses fragiles. Il protège. Il  y a tellement de bullettes que si quelques-unes explosent sous le choc du quotidien, des émotions, des gens piquants, les autres résistent avec force.

Dans le baluchon, je mettrais mes tribus aussi. De coeur et de sang. De sang et de coeur. Un appareil photo. De la musique. Des rêves et des envies. Des ondes positives pour connecter le tout.

Vous dites ? Mmmmm. C’est vrai. On dirait le contenu de mon grand sac de vadrouille de ma vie d’avant 40 ans. Ah, j’ai oublié mon vieux jean’s, mon gilet à capuche et mes boots pour l’après. Je complète le baluchon. Sans oublier mon cuir rouge.

Je regarde par-dessus mon épaule et je souris, encore. Je ne l’ai pas eu tout le temps, ce sourire mais j’ai rêvé. Beaucoup. J’ai eu des envies. Enormément. Et pour reprendre des mots de Jacques (pas celui qui me dit de faire demi-tour dès que possible, l’autre …), j’ai eu aussi l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. De rêves. Et il est peut-être là, le défi pour cette vie qui commencerait à 40 ans. D’aimer ce qu’il y a à aimer. D’oublier ce qu’il faut oublier. De continuer à avoir des rêves et des envies. Des tribus. De résister à l’indifférence et à l’enlisement. De collectionner les pv pour excès d’optimisme …

Vous dites ? Et pour mes 38 et 39 ans, je fais quoi ? Tout pareil, da !

Merci pour cette déferlante d’attentions … Prenez soin de vous …

MA

* à cause de moi, plus jamais vous n’exploserez les bulles du papier avec la même insouciance. Vous vous demanderez nécessairement : et si c’était une bulle de bonheur que je massacre, là … Gnark, gnark, gnark …

Publicités

Punkette Baden Powell*

« Alors comme ça, on a un passé de punkette Baden Powell, MA ? » Je souris encore d’avoir senti mon cœur se gonfler de fierté. Woué. Un passé de punkette Baden Powell. Aujourd’hui, les scouts belges ont 100 ans. Et si, moi, je ne me sens pas aussi vieille à (presque) 37 ans, j’ai des souvenirs pour les 100 prochaines années.

Pas plus tard qu’hier, des « vieux » de la 7e Centre se retrouvaient autour d’une tartiflette. Non, pas pour un souper d’unité. Pas pour un revival nostalgique. Non. On était bien dans le présent. On rejoignait l’un des nôtres qui avait envie de monde pour une activité «boulot» à la manière de nos soupers d’antan …

Pas plus tard qu’il y a deux semaines, des « vieux » de la 7e centre se retrouvaient autour d’un Cheese&Wine. Non, pas pour un souper d’unité. Pas pour un revival nostalgique. Non. On était bien dans le présent. On avait juste envie de passer du temps ensemble, à la manière de nos soupers d’antan …

Plus de 20 ans de « pas plus tard que’ … A la manière d’antan. Avec notre vie de maintenant.  Si ce n’était pas encore assez, Facebook a reconnecté pas mal de « perdus de vue ». Et c’est terriblement bon.

J’ai 11 ans et je découvre le Patro d’Houdeng-Goegnies. J’y vis mes premières expériences de vie en groupe. Les jeux, les balades le long du canal, le chocolat chaud au goûter, les camps et cette chemise verte qu’on met par dessus tout. Un sourire me vient en pensant à Bertrix, THE camp mémorable …

J’ai 15 ans et je découvre la 7e Centre. D’intendante, je deviens Bagheera. On est une bande de gentils barges et on connaît le terril d’à côté par cœur. On pousse des gamins à faire appel à leur imagination, à leur esprit d’équipe, à leur débrouillardise … Et on rit. Beaucoup.

J’ai 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21 ans et mes samedis sont 7e Centre. En short, le samedi puisqu’on n’attrape pas froid par les jambes, que diable ! En boots et jean’s, le soir, à refaire le monde, à danser à la Salle La Croix, à vivre nos premières guinzes aussi, osons-le dire … Là ou ailleurs …

J’ai (presque) 37 ans et ma tribu scoute continue à peupler mon quotidien.

J’ai (presque) 37 ans et j’ai un mini regret dans ma vie. Les monstrésors ne sont pas dans un mouvement de jeunesse. J’attends le moment où ils le demanderont. Pour le moment, ça ne se « met » pas. La vie va trop vite. Les we sont chargés. La garde alternée complique les choses. On a besoin d’avoir des moments peinards. Et puis, ils ne le demandent pas. Et je sais que j’ai dû attendre que ça vienne de moi pour vraiment accrocher. Mais si l’envie leur vient, on fera avec les we chargés, avec la garde alternée, avec ce besoin d’être parfois peinard à la maison. On fera de la place. Parce que c’est vital. Peu importe que ce soit le Patro et les Scouts, on s’en fiche. Ce qui compte, c’est les liens qu’on tisse et les souvenirs qu’on se crée.

Signé : Gundi, Voile au vent.

*©Xavier Löwenthal

Jacques a dit

 

Je ne sais pas vous mais moi, je suis sensible aux voix. Il y a des voix qui me font du bien. Il y a des voix qui m’agacent.  Il y a des voix qui m’apaisent. Il y a des voix qui irritent. Il y a des voix qui me guident. La voix de Jacques me guide. Il aurait pu s’appeler Catherine mais j’ai refusé. Je voulais Jacques. Une voix d’homme. Vous n’êtes pas étonné ? Moi non plus. Sourire insolent …

Jacques est The Voice.

Jacques ne parle qu’à moi. Soupir. J’avoue, j’aimerais parfois qu’il prononce mon prénom. Qu’il m’interpelle. Je pense que ça n’arrivera jamais. Pas avec Jacques en tous cas. Sa mémoire est déjà encombrée de tant d’autres mots, noms et prénoms. De chemins, d’impasses, de rues, d’avenues, de boulevards. Ah, Jacques … Une énigme, un mystère. Je me demande à quoi il pense quand je ne suis pas là. Je me demande s’il rêve d’ailleurs.

Jacques est entré dans ma vie pour me pousser à l’autonomie. Pour sortir des sentiers battus sans me perdre pour autant. Je souris. Je me souviens, je l’écoutais religieusement. Je buvais ses paroles. Je le suivais presque sans réfléchir. Quitte même à en perdre tout esprit critique. Je trouvais fabuleux de suivre une autre voie que celle que j’aurais suivie naturellement.

Et puis, j’ai commencé à le regarder du coin de l’œil sans plus vraiment l’entendre. Je me suis amusée de le voir retomber sur ses pattes, inlassablement alors que je le contrariais fortement. C’est presque même devenu un petit jeu entre lui et moi. Enfin surtout pour moi, le jeu. Lui, il reste impassible. Sa voix ne trahit aucune émotion. Jamais.

Et il est là, le souci. Je n’aime pas les voix qui ne s’émeuvent de rien. J’ai peur des gens qui ne s’émeuvent de rien, surtout. Pourtant Jacques n’est pas comme les autres … mais quand même. Argh. Il m’arrive de lui en vouloir. De ne rien ressentir. De ne pas s’emporter. De ne pas se lâcher. Je rêve qu’il m’engueule. Qu’il n’y aille pas par quatre chemins et qu’il menace de me perdre. Je préfère évidemment l’idée qu’il éclate de rire en me disant entre deux hocquets que j’suis franchement irrécupérable. Que les stickers (rouge et vert) kickers me seraient plus utiles sur les mains qu’aux semelles pour distinguer la gauche de la droite. Mais je rêve. Lui pas.

L’autre soir, en rentrant par le Bois de la Cambre, j’ai failli perdre Jacques. Des travaux partout et l’obligation de prendre les grandes avenues à contresens. Le Bois de la Cambre à CONTRESENS. Déjà le Bois de la Cambre dans le bon sens, j’ai du mal. Jacques est devenu fou. Il tournait sot. Je m’entendais murmurer : me lâche pas, Jacques, me lâche pas.  Personne à suivre dans la nuit. Privée d’éclairage public. Des barrières qui sortaient du sol. Des piquets qui poussaient au milieu de la route. Un cauchemar.

Et là miracle, Jacques a retrouvé ses points de repère.  De sa voix posée et apaisante, il m’a dit ‘au bout de la route, prenez le rond-point, première sortie’. Effacés son stress et sa tourniole. Jacques ne s’émeut de rien et il fait bien.

Jacques est la voix de mon gps. Il me guide. Il me rassure. Il change ma relation aux rencards. Il  évalue mes retards. Il souffre mes fantaisies. Il recalcule l’itinéraire plus vite que mes distractions ne le déstructurent. Il me mène toujours jusqu’à vous.  Et rien que pour ça …

D’ailleurs ce soir, je vais me perdre avec lui  et je m’en réjouis déjà …

 

 

Un homme qui voit clair …

« Charmante demoiselle, je vous observe depuis quelques minutes et vous m’intriguez. »

Quelle nana n’a pas rêvé d’entendre ces mots ? Moi je les ai entendus. Il y a environ une heure. En pleine rue. J’étais devant ma voiture. Je pestais contre la pile de ma clé qui me jouait encore des tours quand une voix, inconnue, a prononcé cette phrase. J’aime bien l’idée d’intriguer, moi. En plus, c’est la deuxième fois aujourd’hui qu’on m’appelle (MA)demoiselle, c’est un signe. Je vérifie, l’air de rien, mon reflet dans la vitre et je me retourne. J’ai choisi mon sourire. Timide mais engageant. Face à moi, un gentil papy.

Je vous intrigue ?

« Oui. Vraiment. Vous avez l’air d’être une rêveuse. Une fantaisiste. Vous avez plein de choses en tête. Vos yeux montrent que vous êtes ailleurs. Mais vous faites ce que vous avez à faire. Par automatisme. Comme faire les courses et les mettre dans votre voiture. »

Je reste sans voix. Encouragé par mon air vraisemblablement troublé, il continue …

« Parfois, des détails vous échappent mais vous persévérez, certaine qu’il y a une explication logique à tout. Ou justement pas. Alors, vous montrez quelques signes d’agacement. Sans vous énerver vraiment. Mais vous verrez,  vous trouverez les clés. Ou plutôt les bonnes portes. »

Je fixe ce bonhomme. Dans ma tête, plein d’idées saugrenues. Il est le collègue de Joséphine Ange Gardien. Il est fan des Routes du Paradis avec Michael Landon. Il a vu vu tous les ‘Docteur House’ et il décline  le concept façon psy et en douceur .

Je tente prudemment un ‘ce n’est pas faux, monsieur, mais …’

« Mais comment puis-je vous donner tous ces détails sur vous ? Simplement parce que vous essayez d’ouvrir ma voiture depuis un moment avec votre clé à distance. Mais si je peux vous rassurer, la vôtre est juste derrière. Elle clignote sagement en attendant que vous la regardiez dans les phares. C’est vrai, elles sont grises toutes les deux, c’est trompeur. »

J’avoue … J’ai ri. Lui aussi. Avant de me demander gentiment s’il pouvait récupérer son véhicule … Sa femme allait s’inquiéter …

Parfois j’aimerais être quelqu’un d’autre. Mais aujourd’hui pas. Par contre, j’aurais dû lui proposer de m’adopter …

Bronzées du mollet !

Moi, un temps comme celui d’hier, ça me déprime. Je suis accro à la lumière et à un minimum de chaleur. En plus, on sort de l’hiver et du long et sombre tunnel ‘novembre – décembre – janvier – février – mars’. Je me sens terne. Je me sens flagada. Je me sens moche. Et ça me pourrit le moral.

Je pourrais en rester là et vous pourrir ainsi le vôtre, de moral. Genre je pleure. On sort les mouchoirs. Votre cœur se fend en entendant mes sanglots.  Si, si, croyez-MA, je suis une tragédienne née. Sauf que … ce blog se veut léger et divertissant et aujourd’hui, j’ai décidé de vous faire sourire. A mes dépens. Mais pas seulement*(1). Mon truc pour illuminer une journée de ciel gris est très simple. Je prononce deux mots … Banc solaire …  Ah Ah Ah. Vous voyez, c’est drôle, hein ? Ah non, apparemment pas. Juste. Faut que je vous explique le contexte.

Bon.

Imaginez deux amies*(2) invitées à un mariage. Imaginez aussi que la fête a lieu en plein été et qu’elles sont (un peu) coquettes. Elles rêvent d’un teint de baïche puisqu’elles ont tout le reste de la panoplie (de la dite baïche) sur elles. Elles sont jeunes, innocentes et vierges de soleil artificiel. Imaginez encore une minuscule cabine avec un banc solaire dans un minuscule institut de beauté. Imaginez enfin deux amies bavardes qui ne supportent pas de perdre 20 minutes de papote et qui décident de mettre à profit ces séances pour commenter, ensemble, les derniers ragots du moment.

Un jour de terrasse (de Mac Do) au soleil, elles décident de tester leur nouveau pouvoir de séduction. ‘Dis, t’as vu comme on est brunes ? Des baïches, hein ?’. Le pote interpellé sourit et lâche un pathétique ‘pas vraiment, en fait. Sauf des mollets, peut-être’.

Bam. Déconfiture. Déception. Horreur. Malheur. Dix séances et leurs mines étaient certes colorées mais loin de ce qu’elles avaient espéré. Pub mensongère. Le banc solaire ne fait pas tant bronzer. Sauf que d’autres y bronzent très bien. Sans doute une question de peau et d’intensité des lampes.

Mmmm.

Et puis, comme un éclair de lucidité …  ‘Dis … Tu ne penses pas qu’il faut fermer le banc ? Le truc du dessus, là, avec la poignée, ça doit bien servir à quelque chose. On n’a peut-être pas tiré assez fort la première fois ?‘ Et là, le pote a ri. Beaucoup. Aux larmes. Nous, euh, elles aussi.  Mais jaune à défaut d’être vraiment brunes.

Avec le recul, il est vrai que la charmante dame de l’institut a eu l’air interloqué quand elles ont émis le souhait d’être ensemble dans la cabine. Il est vrai aussi que Marie-Claire, la maman d’une des deux*(3) les a longuement fixées, cherchant un indice. ‘Mais toi, tu t’assieds où dans cette cabine ? Bein … sur le banc, tiens, sur le morceau sans lampes, en plastique blanc …’.

Oui mais, on ne nous dit jamais rien à nous, enfin à elles.

Mais depuis, prononcez ‘banc solaire’ et je souris … Pour  notre naïveté*(4). Pour les images qui ont dû passer par la tête des personnes qui nous imaginaient à deux dans cette cabine (Empilées ? L’une dans la ‘capsule’, l’autre en position du lotus sur le couvercle du banc ? L’une couchée, l’autre debout, collée au mur ?).  Pour le fou-rire du pote. Pour le nôtre aussi.

Avec le recul du recul, je pense surtout que des esprits malins se sont ligués contre nous par crainte que nous soyions trop baïches, justement. Woué. Je ne vois pas d’autres explications.

  1. *pardon Géra
  2. *pardon Géra
  3. *pardon Géra
  4. *stupid girl, pas juste toi Géra, mais nous, enfin … elles  🙂

Pour faire l’amour, il faut être deux … Minimum …


Ipod en mode aléatoire. Saule et Les Pleureurs, Minimum … Le parfum d’une chanson. Et paf.

J’ai 31 ans et j’aime la musique. Toute la musique. Un peu moins qu’avant. J’ai moins de temps et une belle vie, bien remplie. Des mélodies variées … J’ai deux monstrésors qui poussent la chansonnette (à toute heure de la nuit aussi) et dans ma voiture, je chante à tue-tête pour le plus grand amusement d’autres automobilistes qui ont l’image et pas le son. Que demander de plus ?

J’ai 31 ans et j’écoute tout.  Sauf le jazz qui m’horripile et le classique que je ne comprends pas bien. Je vais à peu de concerts mais je fais les grandes salles et les têtes d’affiches classiques. J’achète énormément de cd. Je vais faire des balades à la fnac. J’suis une acheteuse impulsive. Je craque régulièrement pour des albums que je ne connais pas mais dont la pochette me séduit. Parfois c’est de la daube. Parfois pas. Et c’est comme ça que Saule est entré dans ma vie. Pas parce que c’est une daube. Parce que pas, justement. J’aime cô bein. L’énergie, les paroles, toussa, toussa. Ma curiosité est piquée. Je lis le blog du groupe, Saule et Les Pleureurs. Un soir, il répètent à l’Atelier 140 et ‘nous’ proposent d’être leur public. Je fonce. Après avoir trouvé un babysitter, évidemment.

J’ai 31 ans et je ne sais trop quoi vous dire si ce n’est que je me suis pris une claque. Ce groupe, connu de peu à l’époque (ça vieillit, cette expression, vlà que je me voûte), donnait plus que certaines grandes pointures vues sur de belles scènes. J’aime les natures généreuses. Ce concert-là m’a donné soif d’autres. De festivals. De salles connues et inconnues. Ce concert-là a réveillé ma folie musicale qui depuis va crescendo.

J’ai (presque) 37 ans et j’aime toujours la musique. Toute la musique. Bien plus qu’avant. J’ai toujours aussi peu de temps et une belle vie bien remplie. Les monstrésors chantent maintenant rarement la nuit mais ils s’inquiètent quand il n’y a pas de musique. J’aime quand ils me disent : ‘tu mettras cette chanson-là sur mon mp3 ?’ ou ‘c’est une nouvelle compil ?’.  Je chante toujours à tue-tête dans ma voiture et je fais le pari de faire sourire cinq compagnons d’embout rien qu’avec l’image. Ca a même déjà marché avec les flics – tête d’angelote – .

J’ai (presque) 37 ans et j’écoute tout.  Le jazz m’horripile toujours autant mais j’ai trouvé l’une ou l’autre porte d’entrée pour le classique. J’aime les concerts. Définitivement. Je sonde la babysitter et mon compte en banque et si les deux me sourient, je fonce. J’adore écumer les salles. J’aime découvrir. J’aime être surprise, émue, chamboulée. J’écoute, je lis, je guette les coups de cœur. Même si parfois on me chuchote à l’oreillette que c’est une (bonne) daube. Je n’en ai (the) cure. Je compile, je partage, je propage.

Tiens, lundi prochain, je vais voir Ben Howard. Pas bien connu quand j’ai réservé mes places en septembre dernier, son concert de janvier, reporté en avril est maintenant sold out. Et j’ai comme l’impression que le jeunot en a dans le ventre. Des tripes, pas des places. Je vous dirai …

Ah oui,  dites … surtout … n’oubliez pas de vous faire plaisir … Concerts, bouquins, passions en tout genre. C’est maintenant qu’on vit. Même si j’adore le Demain sera parfait de Jean-Louis Aubert.

Au pays de Candy

J’ai … Je n’ai pas d’âge. J’ai celui des monstrésors. J’ai quelques années de plus. J’ai tous les âges de l’enfance. J’habite à Houdeng. Près du canal et du garage Nino. J’ai deux sœurs, un frère et les chaises de la cuisine sont oranges.

Le vendredi soir ou le samedi après-midi, c’est « jour de courses ». On ne va pas à Cora City. On va au Colruyt. Près de chez Bonne-maman. Au Colruyt, il y a le candy bar. Un meuble blanc, en bout de rayon. Un meuble à petites cases, dans chaque case un trou et dans chaque trou, une variété de bonbons. Le rêve. Candy avait beaucoup de chance d’avoir un bar à son nom.

On remplissait un énoooooorme sachet transparent avec plein de choses dedans. Les petites bouteilles de coca. Les acidulées. Et les autres aussi. Les fraises. Les cerises qu’on aimait accrocher aux oreilles. Les sucettes blanches avec du rouge dedans, sans bâton. Les dents de vampires. Les culs de femme. Les schtroumpfs. Les gommes. Les nounours. Les lards au chocolat.

L’armoire à bonbons, à la maison, était blanche et la poignée, métallique, faisait un drôle de bruit. Un bruit qui automatiquement déclenchait la phrase : « qui va dans l’armoire à bonbons ? » Peu importe ce qu’ils faisaient, les parents entendaient toujours le clic de la poignée. Retour à la case départ sans empocher de récompense.

En fin de semaine, il restait toujours l’un ou l’autre bonbon. Des caramels. Personne les avait choisi. Personne était un membre à part entière de notre clan. Et je crois savoir qu’il avait des clônes un peu partout, dans tous les recoins de la vie.

J’ai (presque) 37 ans et  j’ai deux monstrésors. J’habite à Bruxelles. J’ai deux sœurs et les chaises de ma table de kermesse à boudins sont oranges.

Je n’ai pas de jour de courses. Je ne vais pas à Cora. Je vais au Colruyt. Je n’ai toujours pas de bar à mon nom. Personne vit avec nous. J’ai une armoire à crasses. Les monstrésors adorent prendre le temps d’y choisir un apéro, un goûter, un dessert. Un rituel sacré. Peu importe ce que je fais, j’entends toujours quand on y chipote et parfois, dans un sourire, me vient la phrase : « qui va dans l’armoire à crasses ? ».

J’ai (presque) 37 ans et le quartier de Bonne-Maman a été rasé et on y a fait pousser une piscine. Maman habite toujours Houdeng. Près du canal. Le garage Nino change de nom régulièrement. Les chaises oranges ne sont plus. Mais à chaque passage chez maman, j’essaie d’ouvrir, sans bruit, l’armoire à bonbons.

Inspiration née de la visite de l’exposition ‘Sweet Candy’ au Moulin d’Evere
Sweet candy

Maurice, tu dépasses les bornes des limites !

Je suis en vacances.

Je suis en vacances et 6h45 n’est plus l’heure du réveil. La table du ‘tit-déj n’est pas dressée la veille. Le debout tas de nouilles est en congé sur Facebook. Je ne réveille personne. Le duel avec la penderie est différé. Je ne suis plus la première cliente de la boulangerie un jour sur deux. Je ne fais plus de frein à main devant l’école à 8h15 et à 18h. Je casse ma routine. Je fais la route buissonnière … En boots ou en bonnes vieilles pompes confo.

Je suis en vacances et je fais le plein de moments. Je m’éveille quand une petite voix me dit ‘m’man, on peut se lever et regarder les dessins animés ?’. Je sors de mon lit quand la même voix, et si ce n’est elle, c’est celle de son frère me murmure : ‘m’man, on a faim’. Je prends le temps de vivre. Eux aussi. Je prends le temps de vivre avec eux et à côté d’eux. Je fais le plein d’eux (et d’oeufs, aussi, c’est Pâques quand même 🙂 ).  De tendresse. De mots insolites, doux et drôles. De câlins. De rires. Et eux aussi. Je fais le plein de réflexions incongrues qui poussent à la réflexion. D’images. Je les immortalise sous toutes les coutures. Je dompte le reflet des lunettes de Zoé et le sourire ‘spaghetti’ de Titou. Je les surprends complices. Je les épingle curieux, amusants, beaux et plein de vie.

On vadrouille. On joue aux touristes. On fait le plein de tribus. De papotes. On fait le plein de souvenirs.

Je suis en vacances et je fais aussi le trop plein d’instants. Ceux qui font qu’on les pendrait bien par les pieds dans un grenier qu’on n’a pas. Ces miroirs qui nous renvoient une image qu’on n’aime pas nécessairement.  Ces envies de crier que je fais tout ça pour eux tout en sachant qu’ils ne demandent rien. Ou qu’ils attendent trop. Ou qu’ils voudraient tout.

C’est juste la vie, quoi. Ce n’est rien de grave*. On passe tous par là. Et pas seulement en tant que parents. Les liens humains sont complexes.

Oué. C’est juste la vie, quoi. Ce n’est rien de grave. Bientôt, je savourerai l’échappée belle. Le temps d’un we, le temps de moments sans eux. Je m’offrirai d’autres vadrouilles. Des envies égoïstes. Et je vous en souhaite aussi : provoquer, savourer le manque et faire le plein d’ailleurs. Ca rend les retrouvailles légères et belles. Ca donne à nos rires un bel écho.

Ah, on me murmure dans l’oreillette : ‘m’man, on a faiiiiiiiiiiiiim’. Je vous sers un café ?

*©XWarrant

Viva Mexico

L’autre soir, en regardant le Bref. J’ai grandi dans les années 90, il y a deux mots qui ont retenu mon attention: images panini.

Et paf. J’ai 11 ans et je collectionne les autocollants Panini Mexico 86.

C’est le Mundial. Je ne réalise pas très bien ce que ça veut dire mais papa a l’air heureux. Mon frère veut un album panini. Alors moi aussi, je veux un album panini. Et ma sœur aussi. La grande, pas la petite. La petite, elle collera les doubles sur le frigo ou ailleurs, si elle est sage (ou pas justement). On se prend visiblement hors jeu, euh, au jeu, je veux dire. C’est le troc dans la cour d’école. C’est le regard ‘battement d’ailes de papillon’ pour avoir des sous pour acheter les pochettes. Je connaissais plutôt bien les noms des joueurs, avec quelques difficultés pour les équipes asiatiques. Mais comme Roger Laboureur.  Donc je ne m’en sortais pas si mal.

Avec le Mundial, on découvre le décalage horaire … Papa se lève la nuit pour vivre les matchs. Les belges gagnent et progressent. Alors on négocie. Nous aussi, on veut regarder les matchs. Et le parcours de notre équipe nationale est tellement incroyable qu’à mon avis, papa se dit qu’on ne revivra plus cette euphorie avant longtemps. Un visionnaire, en somme. Il accepte. D’autant que maman lui a demandé à quelle place jouait Delgado. Pedro. Pas El Chelito qui avait à peine 5 ans à l’époque. Papa a dû penser que regarder du foot avec ses mômes, tout compte fait, ce n’était pas si mal.

On arrive en quart-finale. Vous lisez bien … ON. Pas eux. Nous. La Belgique. La fête s’organise. Papa invite ses potes à la maison. Du jamais vu. Des copains, la nuit, avec des bières et on peut même crier devant la télé. Et tout le monde ici trouve ça normal (© Maco Meo).  Le goal goal goal de Roger Laboureur résonne encore dans mes oreilles. Et l’image de cette bande de malades qui danse dans le salon me fait éternellement sourire. Nous sommes les rois du monde.

J’ai (presque) 37 ans et je ne collectionne plus les images panini. Mes monstrésors s’enflamment périodiquement pour les cartes délivrées aux caisses des supermarchés. Papa et Manu ne se lèvent plus. Ni la nuit. Ni jamais. Je pense que maman n’a pas conscience qu’à 15 ans près, sa question sur Delgado n’aurait pas été si drôle. Ma grande soeur continue à causer foot périodiquement. Via son homme mais pas que …. Ma petite soeur a des mômes qui collent des stickers un peu partout et on lui rappelle qu’il fut un temps où … L’équipe nationale belge n’est plus (ou si peu). Roger Laboureur a pris sa retraite. Mais je garde à jamais, en moi, l’image de la fête. De la bande de copains. Des rires. Des danses de joie. Des débats animés. La mémoire est sélective mais je pense que ces moments ont été rares et forts.

J’ai (presque) 37 ans et j’aime boire des bières et manger des chips devant la téloche. Mais je ne regarde plus le foot. J’aime la fête et les potes. J’aime les rires, les débats de pochtron, les danses improvisées. J’aime me dire un lendemain de veille : C’EST FINI, JE NE SORS PLUS et recommencer avec plaisir.

J’ai (presque) 37 ans et j’aime que la vie soit une fête.

(Bref. Moi j’ai plutôt grandi dans les années 80).