Le col roulé vert

J’ai 33 ans. Et comme le Christ, je suis (un peu) crucifiée. Une année de merde. Mon frère ne s’est pas réveillé et mes amours sont torturées. Octobre est gris et larmoyant. L’automne ne me va pas au teint.

Facebook est devenu mon ami. Il m’occupe le soir quand mes petiots dorment paisiblement à l’étage du dessus. Il comble un vide peut-être mais surtout, il resserre des liens, il en tisse d’autres. Belles papotes. Belles rencontres. Via, via, via, je croise la route d’une artiste. Dine est photographe et Dine dessine aussi … J’ai un coup de coeur. Pour un dessin. L’attrape mots.  Touchée en plein coeur. Les mots. Les couleurs. Le reflet du col roulé vert me suit et me poursuit …

J’ai 33 ans et je décide de m’offrir l’attrape mots que j’ai déjà rebaptisé le col roulé vert. Il paraît qu’il ressemble aux ‘Princesses’ que l’on trouve dans toutes les bonnes carteries. Je ne suis pas convaincue. Pour moi, la rouquine n’est pas une Princesse classique. Elle porte des bottes oranges à pois noirs et se perd dans un pull informe.  Son attitude, son air hésitant et ces mots qu’elle tente d’attraper. Une émotion qui dure … Un reflet, parfois …

J’ai 34 ans et j’écris à Dine… « J’aimerais parfois aider not’ petite rouquine à attraper certains mots plutôt que d’autres, quand la vie est rugueuse et piquante.  Evidemment, je suis aussi gauche qu’elle et se glisse dans les filets ceux que j’aimerais laisser libres. Je vois bien à son air que je ne l’aide pas toujours. Et puis parfois, tout se met bien et elle sourit. Si … « Je lui ai trouvé une jolie place dans la pièce de passage. Face à elle, des pèle-mèles dont je varie régulièrement les attitudes, les sourires, les regards. J’ai peur qu’elle s’ennuie. Qu’elle manque de lumière. C’est aussi la pièce dans laquelle les Monstrésors bouquinent, dessinent. J’aime me dire qu’elle regarde par dessus leurs épaules, l’air de rien.

J’ai 35 ans et je déménage. Un home sweet home à recréer. Une ambiance. Des couleurs. Un nid. Un cocon. Le living est accueillant mais plus petit que ce qu’elle a connu avant. Mais elle a vue sur une large avenue. Elle peut observer les passants voire les voisins, même, quand les mots lui échappent. Et grâce à un miroir assorti à ses bottes et à ses cheveux, elle élargit son horizon.

J’ai 37 ans et je vous écris, installée sur ma table de kermesse à boudin. Je lui fais face. J’ai l’impression que ses bottes se croisent presque. De pudeur.  Elle se donne une contenance et joue avec son filet … Temps, liberté, rêve, croyance, ennui, futur, elle, nous, toi, amour, amitié, but, connaissance … Jamais tout en même temps. Mais l’envie de … Et des mailles assez larges pour qu’aucun mot ne se sente prisonnier ou à l’étroit …

Une émotion qui dure … Un reflet … Merci Dine :-*

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Le Tourbillon de la vie

« Et ton blog ? »

Cette question m’a laissée pensive quelques minutes. Rapidement me sont venues des réponses logiques. Le mois de mai est blindé. Les échappées belles, les longs we à la mer ou à Paris. J’écris pas mal pour le boulot. Ma plume est usée quand vient le soir. J’ai, pour le moment, un appétit de rencontres et de papotes plus que de clavier et d’historiettes. D’ailleurs, je suis beaucoup moins sur mon réseau social favori …

Mmmm. Vous dites ? Oué. Je sais. La logique a ses limites. D’autant que j’ai deux ou trois textes bruts sous le coude que je n’ai qu’à peaufiner. Je n’ai pas moins de temps que d’habitude. La vie est une course folle en permanence. Et je l’aime comme ça.

La vérité est que je suis dans un tourbillon d’émotions. Je vis de très jolies choses. Inespérées. Et paradoxalement, je suis (un peu) en déséquilibre. Pas comme si rien d’heureux ne pouvait m’arriver, non. Au contraire. Je suis heureuse. Donc j’ai peur. Peur de varier l’équilibre. Peur d’avoir mal. Peur de faire mal. Peur de ne pas tout vivre. Peur de ne rien vivre. Et ce n’est pas grave. Je ne suis pas paralysée. Je fonce. Je profite. Je savoure. La peur, c’est simplement la preuve que je vis. Et que je vis de belles choses. La boucle est bouclée.

Sauf que dans un tourbillon, les défenses tombent. On (re)devient vulnérable. On remet tout en question. On vit  intensément. Tout. Le quotidien aussi. Le quotidien surtout.  On … Moi … Le reste ne change pas. Les autres ne changent pas. Ou si, justement. Et c’est bien comme ça.

Soupir heureux.

Je me rééquilibre dans la vraie vie. Avec mes tribus. Je papote. J’écoute. Je réfléchis. Je m’échappe.  Loin du clavier. Mais pas trop. Juste assez pour ne pas confondre blog et carnet intime. Je MApprivoise blogueuse.

Faudrait quand même pas que je vous raconte des bêtises. Tête d’angelote …

N’empêche … Y a pire comme vie …

L’échappée belle


Allo la Terre, ici MA …

Je suis vautrée sur mon futon, emballée dans une couette. Je tapote de bonheur. Je me sens échappée, belle. Je reviens d’un joli moment où j’ai oublié. Tout oublié. Les noeuds au ventre, les tensions, la course contre le temps. J’ai un goût particulier pour ces moments volés à l’urgence, je l’avoue. Ils me sont vitaux …

Hier, j’étais une princesse. Bientôt,  je serai (vu le temps) en marinière , jean’s et bottes en caoutchouc. Insouciante. A me saouler de papotes entre nanas et à me gaver d’iode. Plus tard, je disserterai des chansons à texte avec trois folles. On se dira que c’était mieux avant. Que depuis Dalida, Joe Dassin et Gérard Lenorman, ma (mauvaise) foi, y a plus rien de bon. Côté textes, je veux dire. Parce que pour le reste, le bonheur sera, à ce moment-là, sous la Tour Eiffel, avec elles.

Je ne vous parle pas de simples (et déjà beaux) moments ‘tribus’, je vous parle d’échappées. Comment ? Vous dites ? Vous ne comprenez pas ? Je pense que si mais peu importe, je vais faire comme si …

Euh … Un dictionnaire … Il me faut un dictionnaire. Voilà. A-B-C-D-E-cha-ppée ….

  • Cyclisme. Action, pour un ou plusieurs coureurs, de distancer les autres concurrents.
  • Littéraire. Court instant de : Il a des échappées de génie.
  • Littéraire. Court voyage par lequel on se libère de contraintes.
  • Espace libre, mais resserré, par lequel la vue peut plonger au loin.

Mmmm. Je n’y vois pas un moyen de distancer les autres. Je vois une bulle. Une bulle d’air. Une bulle de rêve. Qui rend la vie au milieu des autres plus douce. Parce qu’on sait qu’on peut se distancer d’eux, parfois. Même si on les aime. Justement parce qu’on les aime. J’aime l’idée des échappées de génie. C’est une idée de génie de s’évader parfois. De se libérer (momentanément) des contraintes. Un espace libre, resserré, court, qui permet de lever le nez du quotidien pour regarder au loin et se rappeler que la vue est belle si on prend la peine de* … La vie aussi … Piquante mais belle. Comme l’échappée.

MA et son excès d’optimisme … Ouaip. Mais pas que … J’ai 37 ans. Le frérot est mort à 30 ans, le paternel à 53. Je développe ? Non. Vous savez.  Y a urgence … Ne vous dites pas  … je n’ai pas le temps. Ne vous dites pas … quand les enfants seront grands. Ne vous dites pas … ce n’est pas le moment. Ne vous dites pas … le portefeuille crie famine. Les échappées n’ont pas de prix, ni de destinations obligées. Les échappées sont un état d’esprit. C’est un verre en terrasse, c’est une balade, c’est un jour de congé rien pour soi. C’est ce qui vous va …

Je vous souhaite de vivre l’excitation de ces moments sans contraintes. Qui s’ajoutent à d’autres moments de plaisir. Je vous souhaite d’oublier. De tout oublier. Un moment. Les noeuds au ventre, les tensions, la course contre le temps. J’aimerais vous contaminer … Je rêve que vous vous offriez ces instant(ané)s volés à l’urgence …

MA, éternelle rêveuse.

*C’est une expression. Ne prenez pas trop la peine des autres. Vous pourriez vous y noyer. Oui, c’est moi qui écris ça. Oui … Je change, un peu … 🙂

Festival de rêves

Festival RonquièresJ’ai un pote, il est bizarre. Il a de drôles d’idées et il les réalise … Vous devinez combien j’aime ça.  Avoir de drôles d’idées et les réaliser. Avant et après 40 ans  …

Mon pote, il est assez monomaniaque dans les envies dont il me parle. Elles ont toutes un lien avec la musique et les concerts. Vous devinez combien j’aime ça. La musique et les concerts.

Mon pote, il a un cœur gros comme ça. Un sensible. Et lui, il n’a pas de souci avec les vaches. Un jour, il s’est planté devant moi et il m’a dit ‘MA, on va organiser un concert. Moi j’ai les idées et les contacts, toi, tu as le sens de la com et de l’organisation. On ne sera pas seuls, j’en ai parlé à d’autres, ils sont partants. On va y arriver. On va récolter des fonds. Il faut récolter des fonds’. Les détails importent peu mais on a organisé ce concert (poke Cover Junior) et on a récolté des fonds. Et je souris encore en repensant à notre scène bricolée, à nos angoisses, à nos fou-rires aussi. Et à la chopinette de fin de soirée qui avait le goût de la victoire. Depuis, je l’ai suivi, lui et sa tribu, dans des concerts improbables. D’un soir à Binche, je suis passée à plusieurs …. J’ai visité Thuillies, Carnières, Colfontaine avec toujours le même plaisir : découvrir, participer, écouter, chanter, danser, rameuter du monde.

Mon pote, il m’a toujours dit qu’un jour, il organiserait un festival. Comme ça. Par envie. Comme moi, j’ai l’envie de visiter toutes les capitales d’Europe, de passer mon permis moto, de m’offrir une maison au bord de la mer et d’y faire un refuge à tribus. De le voir rêver à un festival, je souriais gentiment en lui tapotant l’épaule genre ‘woué, woué, c’est bien d’avoir des rêves, c’est bien’.

Mon pote, un jour, je l’ai vu en photo avec ses compères de toujours et d’autres, aussi. On pouvait lire en légende : « La Magic Team du nouveau festival d’été wallon le « Ronquières Festival » ». Bein merde alors … La suite ne s’est pas fait attendre : « MA, t’as vu, on organise un festival et si tu as du temps et de l’énergie, on prend ! J’en ai parlé à d’autres, ils sont partants. On va y arriver’.

Alors voilà, le jour J, enfin le week-end WE approche. Je n’ai toujours pas compris comment ils vont fixer la scène sur plan incliné de Ronquières mais si mon pote dit qu’ils vont y arriver, je le crois. Et j’y serai. Avec un gilet de sauvetage, certes mais j’y serai. Tout le we. Du temps et de l’énergie. Et ce n’est pas grand chose. Il est question de réaliser un rêve, là …

L’affiche est sympa. Les prix sont démocratique. Le moment est historique. Si vous aimez les festivals, si vous aimez le rêve : prenez vos places, faites exploser les chiffres et surtout, régalez-vous. Et en attendant, rejoignez la page FB de l’évènement ou consultez le site ! Et surtout, partagez, partagez, partagez … Il faut du moooooooonde …

(Ouch, je ne peux plus reculer, moi, maintenant … Si lui a son festival, il faut que je passe mon permis moto, que j’achète ma maison au bord de l’eau et que je booke quelques citytrips … Vous croyez que ça existe un chèque bongo avec tout à la fois … ?)