Le parfum de l’herbe …

image J’ai 39 ans et samedi, profitant d’un (dernier ?) joli soleil d’octobre, j’ai décidé de tondre la pelouse de mon (nouveau) jardinet. J’ai lancé le fil sur mon épaule, j’ai appuyé sur le bouton en maintenant la poignée enfoncée au creux de ma main et …

Et paf. Je n’ai pas d’âge. Enfin si. J’ai l’âge de tondre la pelouse. Je n’échappe jamais à l’éternelle recommandation paternelle.  « Ne coupe pas le fil avec l’hélice, hein … ». Je le pose sur l’épaule pour le garder à l’oeil. Le fil, pas mon père. Je balade la machine de manière un peu fantaisiste. Je tourne autour des arbres. Souvent distraitement. J’arrête la machine en bougonnant. Je tombe le fil. Je débranche la prise. Je déroule le fil du tronc. Je remets la prise. Le fil se (re)niche au creux de mon cou. Je (re)démarre l’engin. Tondre prend du temps. Ramasser l’herbe plus encore. La déposer sur un tas au pied de l’abri de jardin marque la fin de la corvée.

J’ai 39 ans. J’ai encore l’âge de tondre la pelouse.  J’ai à nouveau un (petit) jardin. Tondre prend cinq minutes. Je démarre la machine en murmurant « surtout ne coupe pas le fil avec l’hélice, hein … ».  Je le pose sur l’épaule pour le garder à l’oeil. Le fil. Le père est plutôt (six pieds) sous (la) terre maintenant. Je balade la machine de manière un peu fantaisiste. Il n’y a pas d’arbres à contourner. Juste une table bistro à déplacer.  Pas d’herbe à ramasser. Juste le contenu d’un bac à transvaser. Même pas une corvée.

J’ai 39 ans et au pied de ce jardin, il y a une petite maison. Je n’ai pas la brique dans le ventre. J’aime mon home sweet home.  Peu importe le lieu. Pourtant … comment vous dire … je ne pensais pas être émue à ce point.

Une maison. Quatre murs et un toit … Je (re)découvre une cave dans laquelle sont stockés, entre autre, les cocas, mais pas que ….  Des glaces au congélateur mais pas que … La machine à laver et le séchoir côte à côte. Je (re)découvre le volet qu’on descend à la tombée de la nuit. Le couinement quand on le relève au petit matin. Les escaliers gravis quatre à quatre de la cave au grenier. MA chambre sous les toits. Et une pelouse à tondre, fil sur l’épaule. Tout ce que j’ai (vraiment) cru perdre cet été. A la vente de la maison de mamy.  Mes souvenirs. Aussi variés soient-ils. Pourtant … ils étaient là. En MA. Peu importe le(s) lieu(x). Ils sont là. Encore et toujours.

Ce déménagement est un chamboulement. Cet home sweet home, déjà un endroit cosy. La « Petite Maison », tel est son nom. Une transition entre plein d’émotions variées. Un nouvel angle de vie. Une (belle) base pour de (nouveaux) jolis souvenirs. Aussi variés soient-ils.

Je crois qu’on va (continuer à) être heureux, ici ❤

Publicités